- odd a écrit:
- Jolie manière de décompter sans connoter en effet... Une bonne technique neutre pour une LAIC...
Mais cela nécéssite de préciser la valeur de chaque unité par un nom exogène à la langue...
(durtout quand il s'agit d'unité aussi triviale que des unités de temps, bien moins variables que des monnaies...)
En fait, non : c'est toujours l'heure locale, ou le calendrier local qui est utilisé (aujourd'hui le système international, à d'autres époques et en d'autres lieux, d'autres unités).
Bien sûr il faut se renseigner, exactement comme lorsqu'on va aux USA il vaut mieux savoir que les degrés ne sont pas Celsius ou en Angleterre que la cuillère à café n'a pas la même contenance que la cuillère française ou que la monnaie c'est la Livre Sterling et non le Yen.
Ces informations peuvent très facilement se communiquer en Rémaï d'ailleurs, puis qu'il s'agit d'indiquer un nom propre JO, puis une opération de conversation, et le rémaï est complètement équipé pour traduire immédiatement les opérations mathématiques.
Après, dans la vie courante, personne n'a besoin de répéter l'unité standard, personne n'a besoin de dire "JO euro" si vous savez que vous êtes dans une zone Euro, et personne n'a besoin de répéter JO "heure" chaque fois qu'il donnera l'heure. De même pour JO "Lundi" ou JO "septembre".
Cela va même plus loin : la difficulté de savoir ce qu'est un kilogramme par rapport à un gramme ne se pose pas en Rémaï, parce que les masses étant exprimées en gramme (unité internationale), au lieu d'utiliser le nom étranger "kilo", on intègre l'opération de multiplication TCHOMA (par mille) après le nombre de kilogramme, au lieu d'avoir besoin d'expliquer ce que veut dire le mot étranger au rémaï "kilo". Résultat, toute la partie d'un cours de primaire sur les déca, déci etc. devient inutile.
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Le rémaï ne contient aucun nom d'unités en fait : toutes les unités sont considérées comme des noms propres, et dans n'importe quel langue, dans les faits, une unité est bien le nom unique que l'on donne à un étalon (mesure unitaire à reporter sur la quantité à mesurer) : il n'existe pas plusieurs mètres étalon, sinon personne n'obtiendrait jamais la même mesure.
Pour se passer d'une unité exogène, il suffit d'écrire du rémaï en lieu et place des unités internationales sur les appareils de mesure : par exemple, une montre électronique peut très bien afficher les syllabes rémaï au lieu des chiffres arabes et préciser LOIKI pour heures et LOIJI pour secondes. Dès lors, quelqu'un qui n'aura jamais connu aucune langue naturelle et ne parlerait que rémaï pourrait très bien arriver à l'heure à son rendez-vous, indiquer correctement l'heure à quelqu'un d'autre et lui dire dans combien de temps est son train.
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En rémaï "seconde", "minute" etc. sont juste une traduction d'une proportionnalité, une table prévoyant que pour se repérer dans le temps, on a besoin d'un certain nombre d'unité courantes, de la plus brève à la plus longue, plus une unité de temps indéterminée qui servira pour parler en général ou nommé des unités de temps impossible à déduire des premières (c'est-à-dire qui ne sont pas des multiples des premières).
On retrouve la même idée de proportionnalité mais distribuée autrement quand il s'agit de dire une taille relative, parce qu'une telle distribution est plus facile à utiliser et mémoriser. Et de même on trouvera une taille indéterminée qui permettra d'exprimer une taille relative qui sortirait de ce système.
Zoijé : de taille ordinaire (donc M pour un vêtement, Medium Sized en anglais).
Zoiwé : plutôt grand (donc X )
Zoïké : plutôt petit (donc S)
Zoité : grand (donc XL)
Zoivé : petit (donc XS) etc.
Si on examine ce que veulent réellement dire "seconde", "minute", "heure", "moment", on trouvera la même idée de repérer dans un cycle, une période, avec des périodes plus ou moins courtes, plus ou moins flexibles. Par exemple l'heure latine, comme au moyen-âge était d'une longue flexible, et le jour était divisé en seulement 12 heures si ma mémoire est bonne, ce qui veut dire qu'une heure romaine en valait au moins deux actuelles.
"Heure" comme "Hora" latin sert également de synonyme à "moment" et "temps", et peut très bien durer des "années" ("les heures sombres de l'Occupation").
Au moyen-âge les heures avaient des noms religieux en fonction de la cloche que l'on devait sonner (sonnez les Mâtines, sonner les Vêpres) et certaines heures n'appartenaient pas ordinairement à la journée : l'heure du Tocson par exemple.
De même en chasse ou il me semble lorsque l'on dirige une bataille, on sonne des heures, c'est à dire des moments de la bataille ou de la chasse, comme l'Hallali. Dans certaines maisons, on sonne la cloche du dîner, c'est à dire l'heure du dîner, et ainsi de suite. Enfin, il y a des expressions culturelles comme l'heure de la Sorcière, ou la note bleue (l'heure si tardive que lorsque Chopin joue, ses invitées sont un état de rêve éveillé).
Donc les systèmes de dates et heures ne sont pas si triviaux, et sont déjà extrêmement flexibles dans toutes les langues naturelles et à toutes les époques.
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L'autre système permettant d'indiquer des moments dans le temps étant les moments de la journée, alignées sur le mouvement du soleil dans le ciel, qui va donner les heures à cause des subdivisions de l'arc de cercle du cadran solaire ; et les phases de la Lune qui décrivent les moments du mois, donc permettent de compter les années, les âges des gens et situer les évènements historiques.